Limpératif catégoriqueaffaiblit le christianisme sur le plan culturel Douglas Ollivant
Lorsquils adoptent
la perspective kantienne de la morale comme un impératif catégorique, les
chrétiens finissent par concevoir la propriété, la liberté et la vie,
notamment, comme des absolus ne souffrant pas dexception, à tout le moins
inaptes à appréhender les faits dans leur complexité. Cest quils sont conduit
à oublier, affirme, lanthropologie quils ont reçu avec leur foi, dune
créature appelée à une destinée éternelle, où lêtre ne se réduit pas à la
matière, une créature qui prend tout son sens sous le regard de léternité.
Contrairement
à ce que présume la position libertine qui a pénétré notre société
contemporaine, les droits de propriété, la liberté et la vie elle-même –
fondements de nimporte quel ordre économique fonctionnel – ne sont pas
des fins en eux-mêmes mais sinscrivent plutôt comme des parties dune
structure plus importante, comprenant la foi religieuse et la moralité.
Historiquement, pour la culture occidentale, cest sur le christianisme que
cette foi et cette charpente morale ont été fondées. Aujourdhui, chrétiens et
laïcs reconnaissent ensemble le besoin délargir les bases de cette culture.
Pour édifier ce vaste cadre moral, ils invoquent la dignité humaine elle-même.
Mais nous devons rester vigilants et nous souvenir que la dignité humaine
inclut davantage que la seule dignité de la personne humaine ou les seuls
droits individuels.
Lanthropologie
chrétienne traditionnelle définit les hommes comme des êtres participants
simultanément au monde temporel et à lordre éternel. Ainsi, bien que les êtres
humains doivent survivre dans le monde temporel, cette survie matérielle ne
constitue pas le seul critère permettant de circonscrire la dignité humaine.
Pour préserver vraiment la dignité de tous les hommes, les lois, le commerce et
la culture doivent sorganiser autour des aspects temporels et éternels de
lexistence humaine, en considérant la complexité qui découle de lapplication
de cette anthropologie chrétienne traditionnelle. Bien que de grands auteurs
chrétiens, tels que saint Augustin et saint Thomas dAquin, aient fait tout
leur possible pour comprendre et appliquer cette anthropologie chrétienne, les
érudits chrétiens contemporains semblent avoir emprunté un autre chemin. Vient
sajouter à la paresse induite par notre oubli de ces grands penseurs du passé
la pensée dEmmanuel Kant, qui nous entraîne dans de bien mauvaises directions.
Le champ de limpératif catégorique
Dans son ouvrage
fameux, La foi chrétienne et la démocratie moderne, Robert Kraynak introduit le concept de
«christianisme kantien[1].» Kraynak soutient que
«linfluence kantienne sur le christianisme moderne est (…) profonde et
générale». Il veut suggérer par là que les penseurs chrétiens nétudient
plus la culture et la politique sur la base des principes stables que sont les
vertus morales, le droit et le bien commun mais en mettant désormais laccent
sur la justice sociale, entendue au sens restreint de droits matériels et
immédiats et de dignité de la personne humaine. Plus encore, ces mêmes penseurs
ont réduit drastiquement le rôle de la prudence en politique, pourtant accepté
par les théoriciens de lanthropologie chrétienne traditionnelle, vertu qui
leur avait permis de reconnaître, en fonction des circonstances, les bienfaits
dune diversité de régimes politiques. Cette pensée traditionnelle avait de
même dévoilé lâpre réalité de lunivers politique qui évolue dans un monde
déchu (bien que racheté), ainsi que lextrême difficultés rencontrés lors de la
formulation à jamais inachevée dune réponse juste et morale à la contingence
des événements. Et Kraynak de démontrer que, désormais, plutôt que de se
référer à un jugement prudentiel, les érudits chrétiens écoutent le seul chant
des jugements moraux qui traitent de la paix et de la justice. Ce qui limite
énormément le champ (reconnu comme légitime dans le passé) des options
politiques.
Cest pourquoi
lauteur défend cette thèse originale, dont nous nous faisons ici lécho:
le christianisme kantien a de nos jours infiltré le langage des chrétiens. Et
il ajoute que trop souvent ces mêmes chrétiens nont pas pleinement conscience
de lanthropologie sous-jacente à la pensée kantienne, et qui forcément imprègne
dès lors leur propre pensée. Les droits et la dignité de chaque personne
remplacent les vertus théologiques et morales, cest-à-dire le potentiel de
perfectionnement spirituel et rationnel. Davantage, laccent mis sur
lautonomie et lidentité de la personne réduit la portée de lenseignement
chrétien traditionnel relatif à la dépendance de la créature à légard du
Créateur, au péché originel, à la grâce et à la loi naturelle qui donne aux
hommes la possibilité de partager ou de «participer» à la loi
éternelle. En suivant la pensée de Kraynak, il devient évident que dans notre
vie publique et notre culture, ce langage des droits et de la dignité tend à
formuler des absolus en morale, sous forme d«impératifs
catégoriques». Désormais, ces absolus moraux ne semblent plus avoir de
secret pour le christianisme - il participe même à leurs développements - dès
lors néanmoins quils sont convenablement formalisés. Mais lanthropologie qui
sinscrit dans lhéritage de Kant peine à formuler un absolu moral qui se
tienne.
Evidemment, à
lorigine, limpératif catégorique décrit par Kant dispose que chacun doit
vivre de telle manière que chacune de ses actions puissent constituer la base
dune loi universelle. Il sagit dune quête de «lois universelles»
exclusive dune quelconque prise en considération prudente des circonstances,
ce qui savère quelque peu troublant. Ce langage universaliste est pour le
moins incompatible avec lapproche prudentielle de la vie publique telle
quelle a été articulée par saint Augustin et saint Thomas dAquin, guidés dans
leur description par leur très riche connaissance de la personne humaine et de
ses relations tant avec le monde physique quavec le monde divin. Pour
illustrer lopposition entre dun côté le langage kantien, unidimensionnel, et
de lautre, le langage chrétien classique, prudentiel, il suffit de considérer
les trois droits auxquels nous attribuons le plus de valeur: la vie, la
liberté et la propriété. Nous commencerons par la propriété et la liberté, avant
de considérer la vie en en détail.
Les droits de propriété au sein de la
communauté humaine
Les droits de
propriété, comme le lecteur nest pas sans le savoir, ont été sévèrement
contestés dans quelques cercles chrétiens, qui ont côtoyé dun peu trop près le
socialisme des XIXe et XXe siècles. Pourtant, la force
obligatoire des droits de propriété demeure sans équivoque possible un rouage
indispensable à lesprit des lois, sur lequel la culture, tant économique que
sociale, de lOccident chrétien sest construite. Pour preuve, saint Thomas
dAquin, en dépit de son vœu de pauvreté, est un ardent défenseur de la
propriété privée: dans sa Somme théologique, il lestime nécessaire pour que règnent la
productivité, lordre et la paix.
Il faut toutefois
apporter deux précisions. Premièrement, le bien commun conserve toujours la
priorité sur la propriété privée. Deuxièmement, dans les temps de grande
misère, la propriété cesse dêtre privée. Saint Thomas dAquin écrit que
«dans la nécessité tous les biens sont communs. Il ny a donc pas de
péché si quelquun prend le bien dautrui, puisque la nécessité en a fait un
bien commun.»[2] Bien que la propriété soit importante, elle
nest pas sacro-sainte. Les droits de propriété ne sont pas absolus mais
peuvent être violés en certaines circonstances exceptionnelles, mais limitées,
sans que ce ne soit là un péché (par exemple, quand une personne se trouve dans
une situation de danger imminent et quil nexiste aucune autre alternative
possible pour éviter ce danger). A linverse de Kant, saint Thomas comprend que
la personne humaine nest pas véritablement autonome, mais demeure liée aux
autres êtres humains, de seul fait de la dépendance à Dieu quils ont en
partage. La propriété est un don de Dieu, plutôt que quelque chose qui aurait
été arrachée à une création hostile. Aussi, une compréhension authentiquement
chrétienne suggère une vision de la propriété bien plus nuancée que celle que
ne le propose une interprétation purement matérielle. Cette perception nuancée
renforce les raisons économiques de maintenir les droits de propriété tout en
évitant que ces droits donnent à leurs détenteurs loccasion perdre leurs âmes.
Un ordre de liberté
Luniversalité
kantienne a assujetti de même la notion de liberté. De nombreux auteurs
influencés par Kant affirmant quil est déraisonnable dapporter une quelconque
restriction à la liberté personnelle, à lexception de rares réserves
absolument nécessaires à la protection des autres personnes. Cette définition
de la liberté est fallacieuse, parce quelle est fondée sur une vision de
lautonomie de lhomme radicale et moderne: chaque individu devrait être
libre de faire ce quil désire. Seuls les aspects temporels de la liberté sont
retenus. Aucune attention nest porté à la nécessité ou se trouve la liberté de
chaque individu dêtre soigneusement contrebalancée par la liberté des autres
individus. La liberté, comme la propriété, doit pourtant toujours être la
servante des nécessités de la communauté entière. Reconnaître ce fait permet de
réintroduire la dimension éternelle de la liberté au sein même de léquation
anthropologique. Lanthropologie chrétienne traditionnelle ne dissocie jamais
les aspects temporels et éternels de la liberté, et repousse ainsi
irrésistiblement les limites de limpératif catégorique. La liberté présentée
dans le cadre dune véritable anthropologie chrétienne constitue une
«liberté ordonnée», et un gouvernement responsable devra
circonscrire et même interdire les «libertés» qui rendent difficile
ou impossible lordre requis par la société. La responsabilité de lautorité
politique, qui est de conserver et encourager le bien commun, donne à cette
autorité une marge de manœuvre pour restreindre – responsabiliser –
certaines libertés.
Lauthentique culture de la vie
Mais lusage le plus
flagrant de limpératif catégorique a trait, dans notre culture politique
actuelle, aux questions liées à la vie. Il peut être soutenu sans crainte
dêtre contredit quaucun chrétien pratiquant ne conteste que la vie soit lun
des plus précieux dons dont Dieu nous a honorés. Au second siècle après Jésus
Christ, la lettre à Diogène
apporte le témoignage que les premiers chrétiens ne participaient nullement à
la coutume de la Rome païenne dexposer les enfants de faible constitution ou
non désiré, la forme dinfanticide préféré des païens[3]. Mais lidée de «culture de vie»
devient un impératif catégorique si elle recouvre linterdiction univoque
dattenter à la vie. En témoigne lobligation quil est fait aux chrétiens de
sopposer dogmatiquement et de combattre toute atteinte à la vie humaine. Cette
perspective souffre évidemment de ne pas saisir limportante différence qui
existe entre une véritable culture de la vie et une «culture de la simple
vie». La première prend en considération lauthentique existence des
êtres humains à travers non seulement leur réalité matérielle, mais aussi leur
destinée immatérielle et spirituelle. La seconde, par contraste, limite
lexistence humaine à la respiration de lair dans ce monde temporel.
Cette question est
particulièrement sensible puisquelle touche quelques unes des plus importantes
controverses politiques quagitent notre société fragmentée sur le plan
culturel: lavortement, la guerre, la peine capitale, linfanticide et
leuthanasie. Introduire des considérations de prudence dans ces débats est
souvent difficile. Pourtant, de telles considérations prudentielles doivent
avoir leur place, de façon à empêcher limpératif catégorique de sinfiltrer
encore davantage dans la pensée chrétienne contemporaine. Dautant plus
quelles permettent détablir aisément des distinctions claires et précises,
quil sagisse de résoudre des questions liées à la politique, à léconomique,
ou à la vie elle-même. Considérons la moins marquante de ces questions. Les
chrétiens, et singulièrement les catholiques romains, se sont engagés dans le
débat concernant la peine capitale depuis quelques temps. Conduite par la position
personnelle de Jean Paul II, lEglise catholique cultive des doutes sur
lopportunité et la justice de la peine de mort. De nombreux catholiques très
en vue ont cherché à établir un lien entre lopposition à lavortement et
lopposition à la peine de mort. Ce qui a eu pour effet, intentionnel ou non,
de neutraliser toute réflexion sur les questions de la vie et déventuelles
distinctions à dresser. Parmi ces catholiques, certains ont agi ainsi par
profonde conviction et dautres en réaction à laffadissement doctrinal
consécutif au monopole que le parti des Démocrates détient sur lallégeance
politique des catholiques.
Cependant ce discours catégorique semble avoir davantage obscurci
plutôt quéclairci le débat. Même le pape Jean-Paul II a concédé que la peine
de mort est une option légitime «quand il nest pas possible autrement de
défendre la société». Un usage catégorique de ce langage impliquerait que
lEtat peut seulement ôter la vie quand le crime met en danger dautres vies…
Mais, comme le cardinal Avery Dulles la souligné, la signification pourrait
être plus subtile: «Quand le pape évoque la protection de la
société comme raison à lusage de la peine de mort, il a sûrement à lesprit
davantage que la simple défense physique contre les criminels. Afin de défendre
lordre de la justice et de soutenir la santé morale de la société ainsi que la
sécurité des personnes innocentes contre de potentiels criminels, il serait
approprié de punir certains crimes de mort.»[4]
En
dautres mots, on desservirait en fait la «culture de la vie» que
lEglise cherche à promouvoir en adoptant la phraséologie catégorique, à savoir
que lEglise défende le respect de la vie physique sans considération des
circonstances concomitantes. Il ne va pas de soi quune «culture de la
vie» soit promue par la prolongation de vies humaines qui ont été gâtées
par des péchés si énormes quils vont à lencontre de la dignité humaine. En
engageant les églises sur le chemin de cette définition unidimensionnelle de la
culture de la vie, en oubliant donc dappréhender les circonstances à laune de
la vertu de prudence, les vies des innocents deviennent égalent aux vies des
coupables. Cette incapacité à dresser des distinctions pertinentes est
significative de la pauvreté de notre compréhension contemporaine de ce quest
la vie, compréhension qui met laccent sur le matériel et sempêche
implicitement daccéder au transcendantal, et nierait même sa réalité. Ce
regard porté sur la seule existence physique ne permet pas daccéder –
pour employer les termes du cardinal – à la « santé morale de la
société» car elle laisse de côté le témoignage du Christ quelle peut
donner, ainsi que sa sainteté. Mais elle excelle à générer des
«impératifs catégoriques» des plus convenables.
Au lieu de parler
dogmatiquement du «droit à la vie», les Chrétiens seraient mieux
armés, dans leur combat quotidien pour la dignité humaine, dadopter un langage
plus traditionnel, ancré explicitement dans lanthropologie chrétienne, seule
capable détablir les distinctions que nous avons vu. A ce propos, on peut
citer longuement Robert Kraynak: «Décréter un droit à la vie dérive
aisément vers lattribution à toute existence biologique dun droit sacré, ou
encore vers lidée que la simple vie possède une valeur absolue, sans regarder
sil sagit de la vie dun enfant innocent qui nest pas encore né ou de la vie
dun abominable criminel. La défense de la vie comme un «droit»
porte atteinte à la défense de la vie comme un «don» de Dieu:
comment un don peut-il être un droit? Décréter un droit à la vie conduit
éventuellement à considérer la vie comme un absolu, attitude qui se confond un
pacifisme complet ou une interdiction totale de prendre une vie, serait ce une
vie animale, ce même pour des causes justes et nécessaires. Cest aussi oublier
que la vie bonne, sans même faire mention de la vie éternelle, ne peut pas être
limitée à la simple existence dans ce bas monde. Lidée même de droit à la vie
porte donc atteinte, certes involontairement, mais significativement, à la vie
chrétienne détachée des contingences du monde présent.»[5]
La vie chrétienne détachée des contingences
de ce mondeet non pas rattachée à limpératif catégorique
Kraynak
rappelle avec force que la vie chrétienne est toute entière orientée vers
«le détachement des contingences de ce monde». Nous sommes de
modestes pèlerins en transhumance dans ce bas monde. Lunivers de limpératif
catégorique cherche à faire descendre le royaume de Dieu sur Terre. Bien que ce
but connaisse une intention louable, il est sujet à de nombreux abus –
comme les totalitarismes du siècle précédent nous lont cruellement appris. Et
pendant que le langage catégorique des droits kantiens menace sérieusement la
dignité humaine et lexistence même dun gouvernement honnête, dans la même
mesure et avec la même sévérité que les idéologies du siècle passé, il menace
dans le même temps de réduire le témoignage que les chrétiens rendent dans
notre monde pécheur. Si les chrétiens se font lécho des discours des kantiens
daujourdhui, qui portera «le signe de contradiction»?
Un retour à une
politique fondée sur la vertu de prudence ne signifiera pas que la question de
la peine capitale sera tranchée en faveur de sa restauration. Une évaluation
prudentielle du coût et du bénéfice que la société retirerait de lexécution de
certains criminels pourrait prouver, dans les faits, que la peine de mort
serait indésirable. Peut-être, en dernière analyse, quune culture de la vie
savérerait mieux promue par le renoncement à la peine capitale. Ce que je
suggère, cest que les églises ne pourront commencer à poser les termes de
cette appréciation que lorsquelles auront abandonné la phraséologie
catégorique. Car ce ne sera que de cette façon quelles pourront introduire
dans leur évaluation des considérations autres que la simple prolongation de
lexistence physique.
Les églises et les
chrétiens ont un témoignage important à rendre à ce monde pécheur. Ils doivent
exercer notamment une vigilance éternelle contre les crimes de vol, de tyrannie
et de meurtre. Néanmoins, les chrétiens doivent toujours être prêts à défendre certaines
vérités, notamment que toute atteinte à la propriété nest pas nécessairement
un vol, que toute restriction de la liberté ne constitue pas nécessairement une
tyrannie, ou que toute atteinte à la vie ne sidentifie pas nécessairement à un
meurtre. Le christianisme kantien sest infiltré dans le langage contemporain
des chrétiens et, ne tenant pas compte des réalités éternelles, il menace de
réduire son témoignage temporel. Un retour à la prudence – «Aimez
Dieu et faites ce vous voulez» - apporte les fondements dune éthique
sociale chrétienne plus consistante.
Douglas Ollivant
Douglas A. Ollivant est titulaire dun
doctorat en Sciences Politiques de luniversité dIndiana. Ses commentaires et
recensions traitent des questions religieuses, politiques et sociétales. Il
travaille actuellement à la rédaction dun ouvrage sur le libéralisme américain
hétérodoxe et a dirigé la publication en 2002 dun livre sur Jacques Maritain and the Many
Ways of Knowing
(The Catholic University of America Press).
Traduction
par Jean-Philippe Dalbin de Douglas A. Ollivant, “Categorical Imperatives
Impair Christianity in Culture”, Religion and Liberty, July and August 2003, pp. 6-9, publiée
dans Le Point de Rencontre, n° 75, novembre 2004, pp. 15 à 23, avec laimable autorisation de lActon
Institute.
[1] Robert Kraynak, Christian Faith
and Modern Democracy: God and Politics in the Fallen World (Notre Dame, Indiana: University of
Notre Dame Press, 2001).
[2] Saint Thomas dAquin, Somme
Théologique,
IIa-IIae Q 66 a 7.
[3] Cette même lettre contient également une amusante mise en garde contre
le dogme de limpératif catégorique, en déclarant que si les chrétiens font
«table commune», ils nont pas de «lit commun.» La
nourriture est librement répartie, tandis que la sexualité est sous
surveillance. Une fois de plus, nous rencontrons limportance des distinctions
chrétiennes traditionnelles.
[4]Cardinal Avery Dulles,
“Antonin Scalia and his Critics: An Exchange on the Church, the Courts, and the
Death Penalty,” First Things 126 (Oct. 2002), p. 8.
[5] Robert Kraynak, Christian Faith
and Modern Democracy,
p. 173.
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